Écrit par
Baptiste Doisneau

Nike et Rematch font revivre l’âge d’or du running avec "Do It Again"

Vendredi et samedi dernier, Nike Running et Rematch ont investi un espace éphémère au 84 rue de Turenne, dans le Marais, pour "Do It Again", un événement rendant hommage à l’héritage du running des années 1980 et 1990.

Une expérience immersive dans l’histoire du running

L’espace, conçu par Rematch, spécialiste de la réinterprétation du vintage sportif, plonge les visiteurs dans l’atmosphère des stades et des rues des décennies passées. Les murs étaient recouverts d’archives Nike, de détails vintages et d'un écran montrant des vidéos d’époque autour du running fait par Hugo Campan.

Au centre de l’événement trônait la Nike Pegasus 42, la dernière version de la chaussure iconique lancée en 1983. Présentée comme "la meilleure Pegasus à ce jour" par la marque, cette itération célèbre les 42 ans de la silhouette, tout en intégrant des innovations modernes. La semelle intermédiaire en mousse ReactX offre un meilleur retour d’énergie et une empreinte carbone réduite de 43 %, tout en conservant l’ADN robuste et polyvalent de la Pegasus. Les visiteurs pouvaient l’essayer sur un tapis de course installé dans le pop-up, rappelant que cette chaussure a toujours été conçue pour tous les types de coureurs, des débutants aux athlètes confirmés.

Des pièces vintage et des créations exclusives

Autour de la Pegasus 42, l’événement mettait en avant 42 t-shirts vintage Nike, sélectionnés parmi les archives sourcées par Rematch venant des Etats-Unis. Ces pièces, inspirées des designs des années 1980 et 1990, étaient exposées comme des objets de collection, illustrant l’impact de Nike sur le style sportif bien avant l’ère du mélange de la mode et du running d'aujourd'hui. Plus de 600 modèles étaient disponibles à l’achat, mêlant rééditions fidèles et réinterprétations modernes signées Rematch.

J'ai eu la chance de pouvoir poser quelques questions à Alexandre et Axel, co-fondateur de Rematch pour comprendre les intentions derrière ce pop-up avec Nike Running.


BD : D'où vient votre passion pour le running des années 80-90, ou plus globalement pour le running et le vintage ?

Alexandre : Je suis athlète à la base, à la retraite depuis quelques mois. J’ai fait 10 ans d’athlétisme, beaucoup d’années à haut niveau. J’ai étudié aux États-Unis, et je pense que ça a développé ma passion pour le vintage, surtout le vintage américain. J’ai toujours eu cette sensibilité pour l’esthétique des années 90, la NBA, etc… Et je trouve que ça se transpose bien dans l’athlétisme et donc on essaie de mettre ça en avant avec Rematch.

Axel : Moi aussi, j’ai fait énormément de sport, dont l’athlétisme, quand j’étais très jeune. J’ai été marqué par les grands champions des années 80-90 : Carl Lewis, les frères Lewis, Mike Tyson… C’est un mélange de sport, un univers qui m’a inspiré.


BD : Pourquoi collaborer avec Nike pour ce projet ?

Alexandre : Je pense qu’on est d’accord là-dessus : Nike, c’est un peu la marque du sport américain, voire du sport tout court. En termes d’archives, ils ont un héritage inégalé dans le running. C’était logique de s’associer avec une marque aussi emblématique. On a pu créer cet espace avec eux, un peu à la sauce "rematch", mais en gardant l’esprit Nike et les deux univers se rejoignent bien.

Axel : Clairement, c’est la marque qui a le plus d’héritage, qui a dominé les années 90. On a vu leurs campagnes, leur message… C’est une référence.


BD : En quoi la Nike Pegasus 42 représente-t-elle l’esprit de l’événement pour vous ?

Axel : Son origine remonte aux années 80 et le visage qu’on utilise pour la communication, c’est celui de Maria Rebello, la dernière Française à avoir gagné un marathon olympique. C’est un symbole fort.

Alexandre : En plus, en tant qu’athlète, pour moi, la Pegasus, c’est la paire de l’athlète. Tous les athlètes, du sprinteur au coureur de fond, ont porté des Pegasus. Moi, chaque début de saison, j’en achetais une paire. C’est marrant de faire ce lien avec cette chaussure dans un univers track and field, qui correspond parfaitement à l’esprit Pegasus.


BD : Comment avez-vous imaginé ce pop-up store pour qu’il soit plus qu’un "simple magasin" ?

Axel : Il y a toujours une collaboration entre deux parties. Nous, on a apporté le vintage avec les t-shirts, les archives… Nike a apporté la Pegasus 42, un côté contemporain, et une partie test. L’articulation de l'exposition, du lieu, fait qu'on observe un mélange qui fonctionne bien.

Alexandre : C’est aussi un lieu d’échange, pour parler de "rematch" et de Nike. L’organisation de l’espace reflète cette idée : l’écran renvoie vers les autres espaces, c’est un cheminement logique.


BD : Pourquoi avoir sélectionné ces 42 t-shirts vintage ?

Alexandre : Pour mettre en avant des t-shirts Nike, surtout ceux des années 80, où ils utilisaient des designs très engagés. À l’époque, les marques neutres dominaient, mais Nike a marqué le running avec des designs uniques. C’est un hommage à cette période, et ça fait un beau lien avec l’entrée de l’événement.


BD : Que voulez-vous que les visiteurs retiennent de cette expérience ?

Alexandre : Un des messages sympas, c’est de rappeler qu’il y avait du running avant 2026. Il y a un vrai boom du running aujourd’hui, c’est super, mais on veut rendre hommage à l’époque qui a défini les codes esthétiques et sportifs de ce sport. Les gens oublient parfois qu’avant eux, les gens couraient aussi et que c’était tout aussi stylé.

Axel : Sans électronique, sans GPS, sans programmes sur Internet, sans blogs, sans Instagram… Juste le plaisir de courir.

Une communauté réunie autour du running

L’événement ne se limitait pas à une exposition de produits. Dimanche matin, un shakeout run de 6 km a réuni 42 participants pour une course libre à travers les rues du Marais. Encadrée par Paul Anselmini, athlète de l’équipe de France de demi-fond, cette sortie s’inspirait des entraînements spontanés des années 1980, où l’on courait sans montre GPS, simplement pour le plaisir. À l’arrivée, un petit-déjeuner convivial a permis aux participants d’échanger, rappelant que le running a toujours été un sport social.

Un hommage à l’esprit du running

Pour Nike Running et Rematch, "Do It Again" était bien plus qu’un simple pop-up : c’était une manière de rappeler que le running a d’abord été une culture, portée par des valeurs de dépassement, de style et de communauté. Dans un contexte où la course à pied est souvent associée à la performance et à la technologie, cet événement a mis en lumière l’importance de l’histoire et de l’héritage du sport.

Si les portes du 84 rue de Turenne sont désormais fermées, "Do It Again" a marqué les esprits en rappelant que le running, au-delà des chiffres et des records, reste avant tout une passion partagée.